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Constitution

La S.C.A.R.L. Les exploitations Brock au Kivu en abrégé « Brockivu » fut constituée le 4 mai 1928 ; son siège social fut établi à Costermansville et l’administratif à Bruxelles. Le capital social fut fixé à 12 millions de francs représenté par 120.000 actions de 100 francs.

Les 120.000 actions de 100 francs furent souscrites par :

La S.A. La Foncière et Mobilière, 14.200 actions ; La S.A. La Foncière et Mobilière pour elle-même et pour un groupe, 90.000 actions ; le comte Henry Carton de Wiart, 300 actions ; le baron Jean de Broqueville, 300 actions ; Arsène de Launoit, 300 actions ; Edmond Pirlot, 300 actions ; le baron Frédéric de Menten de Horne, 100 actions ; Paul Houtart, 100 actions ; Raymond Brock, 14.400 actions.

Les actions furent libérées de 20%, soit 2.400.000 francs mis à la disposition de la nouvelle société.

Premier conseil d’administration

Le nombre d’administrateurs fut fixé à cinq membres et à deux commissaires ;

Administrateurs : Mrs le comte Henry Carton de Wiart, le baron Jean de Broqueville, Raymond Brock, Edmond Pirlot, Arsène de Launoit ;

Commissaires : Mrs le baron Frédéric de Menten de Horne, Paul Houtart.

Objet

Entreprendre dans la colonie de Congo belge et accessoirement dans les régions où les cultures tropicales peuvent être avantageusement exploitées, toutes exploitations agricoles, minières, industrielles et commerciales ;

S’intéresser par voie d’apports, de fusions, de souscriptions, de participations, d’intervention financière ou autrement dans toutes sociétés ou entreprises existantes ou à créer dont l’objet serait analogue ou connexe ou qui seraient de nature à lui faciliter la réalisation de son objet social ou l’écoulement de ses produits (12-(24-05-1928)-7750).

Modification du capital, évènement(s), participation(s), dividende(s), cotation, etc.,

L’entreprise repris les plantations de caféiers effectuées au Kivu par Mr Brock, dans les concessions de Rutaha et Nyantende.

Depuis le début de 1929, une extension d’environ 500 hectares a été entamée : 700.000 caféiers et 250.000 eucalyptus furent répartis dans les concessions.

La réputation du café du Kivu n’était plus à faire ; il occupait au marché de Londres la même place que le café du Kenya (21-(1931 T3)-430 et 31).

Le 11 juin 1929, le capital fut porté à 30 millions de francs par la création de 180.000 actions nouvelles de 100 francs souscrites au pair par la Foncière et Mobilière à charge de les offrir aux anciens actionnaires au prix de 105 francs, à raison de 3 actions nouvelles par 2 anciennes.

L’augmentation de capital permit de participer à deux entreprises :

1) La Société Chantiers et Cultures au Kivu (Chaki), constituée le 9 juillet 1929 au capital de 5,5 millions de francs ; Brockivu souscrivit 9.903 actions de 500 francs. Le principal intérêt de cette affaire réside dans l’exploitation d’une concession forestière et l’installation d’une scierie-menuiserie ;

2) La Société Plantations de la Loashi (Planoa), constituée le 16 septembre 1929 au capital de 1.320.000 francs dont la Brockivu prit une part importante du capital soit 2.361 actions de 500 francs.

La Planoa était un organisme partiellement scientifique chargé de rechercher, dans les meilleures conditions de sol, de climat et d’altitude, quelles étaient les cultures susceptibles de donner au Kivu une rendement intéressant. Les frais engagés devaient être couverts par le produit de plantations vivrières.

En dehors de ces deux sociétés, la Société pris des intérêts importants dans d’autres sociétés ayant pour but la mise en valeur de la région du Kivu et notamment dans les filiales créées par le Comité National du Kivu (21-(1931 T3)-430 et 31).

En 1930, les efforts furent dirigés par l’amélioration des cultures et avant tout vers le perfectionnement des méthodes et façons culturales et la préparation soigneuse des produits. La Société eu recours aux conseils des agronomes et spécialistes de la culture du café de la Société Auxiliaire Agricole du Kivu. La Société Plantations de Zobia dans l’Uélé s’est ajoutée aux filiales citées plus haut.

En 1931, la Société Chantiers et Cultures au Kivu ressentit la crise qui atteint le Kivu ; la Société Plantations de la Loashi , exclusivement agricole, était en bonne voie de développement ; la Société Plantations de Zobia, les plantations dans l’Uélé (plantations de caféiers Robusta et de palmiers élaeis) se développait de façon encourageante (21-(1932 T3)-388 et 89).

En 1932, l’activité s’est poursuivie par la continuation de la mise en valeur des concessions et la poursuite des travaux et des mesures d’assainissement préconisées par les experts. Les plantations du Kivu donnèrent la récolte prévue mais malheureusement les prix de vente du café ne cessèrent de baisser et les recettes s’en sont ressenties.

En juin, la Société, en vue de pratiquer à des amortissements jugés nécessaires à raison de la situation économiques, dû ramener son capital à 18 millions de francs ; les 300.000 actions de 100 francs furent transformées en 30.000 actions sans valeur nominal ; la transformation se fit par voie d’échange d’une part sociale nouvelle par groupe indivisible de dix actions anciennes.

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La Société Chantiers et Cultures au Kivu cessa d’exercer toute activité pendant l’exercice (21-(1934 T2)-1210 et 1211).

En 1933, les plantations ont produit 63 tonnes de café Arabica dans les concessions du Kivu et 160 tonnes de café dans les concessions de l’Uélé. Il est présumé qu’au cours de l’exercice de 1934 la production de café devrait atteindre 330 tonnes. .

La reprise des activités de la Société Chantiers et Cultures au Kivu ne fut pas possible.

Pour ce qui est de la Société de la Plantations de la Loashi, elle fut dissoute et reprise par la Brockivu (activités et actif).

Pour 1934, les prévisions ne furent pas atteintes. Cette situation n’est pas unique et d’une manière générale toutes les exploitations de café ont dû constater un déchet au cours de cette année, dû soit à une mauvaise répartition des pluies dans la région de Kivu, soit dans la région de l’Uélé à l’action destructive de certains parasites. La perte en poids des récoltes n’a pas été compensée par une amélioration des prix du café qui n’ont pas cessé de diminuer. De cette situation défavorable du marché mondial de café et des perspectives peu satisfaisantes, la société jugea d’effectuer de amortissements importants.

Pour ce qui est de la Société Chantiers et Cultures au Kivu, la situation économique de la région ne permit pas à cette Société de reprendre une activité, même réduite (21-(1935 T3)-110).

Fusion, faillite, dissolution et mise en liquidation

Le 13 juillet 1935, l’A.G.E décida la dissolution et la mise en liquidation de la Société Brockivu (12-(27-07-1935)-11477).

En référence aux estampilles apposées sur le titre, plusieurs remboursements furent distribués aux actionnaires, à savoir :

01/07/1936 – 75 frs par part sociale et 7,50 frs par 1/10 de part sociale

01/12/1936 – 50 frs par part sociale et 5 frs par 1/10 de part sociale

01/05/1937 – 12,50 frs par part sociale et 1,25 frs par 1/10 de part sociale

Le 20 juillet 1938, la liquidation de la Société fut clôturée (12-(03-08-1938)-12140).