cfv vicinaux

 

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Constitution

La Société des Chemins de Fer Vicinaux du Mayumbe fut créée le 21 septembre 1898 sous le régime de l’Etat Indépendant du Congo, le siège social était établi à Boma et le siège administratif à Bruxelles.

Le capital social de 3 millions de francs divisé en 6.000 actions de 500 francs fut souscrit par :

L’Etat Indépendant du Congo pour 1 million de francs ;
La Caisse Commerciale de Bruxelles et le Crédit Général Liégeois pour 1 million de francs ;
Un groupe anversois et un certain nombre de personnes privées anversoises pour 1 million de francs 21-(1900 t1)-72/72).
 
La Convention signé le 21 septembre 1898 par Monsieur le baron van Eetvelde représentant l’Etat Indépendant du Congo et par Messieurs Alexandre de Browne de Tiège, Léon Collinet, Alfred Orban, Léon Castermans, Alexis Mols et Eugène Fichefet administrateurs de la Société stipula entre autres (30-(1898)-197 à 211) :
 

La concession pour 99 ans d’un chemin de fer reliant un point sur le Bas-Congo accessible aux navires de mer à un point du Bassin du Shiloango et de tous embranchements destinés à mettre en valeur la région du Bas-Congo situé au nord du fleuve ;

L’usage gratuit des terrains nécessaires, la propriété de 1.000 hectares de terres par kilomètre de chemin de fer construit à prendre dans les domaines de l’Etat du Bas-Congo ;

Le droit d’exploiter pendant 30 ans les forêts de l’Etat dans une zone de 5 kilomètres de largeur de chaque côté des lignes de chemin de fer ;

La concession de mines pendant 30 ans, 5 mines au maximum, découvertes dans le district du Bas-Congo avec rétribution d’avantages et bénéfices à l’Etat ;

L’exploitation de la ligne avant le 31 décembre 1901, les autres durent être au plus tard le 31 décembre 1908 ;

Y avoir au moins un train par semaine dans chaque sens pendant les 2 premières années et ensuite au moins deux ;

A toute époque, l’Etat avait le droit de rachat moyennant paiement d’indemnités prévus dans la convention ;

Le tarif à appliquer pour le transport des voyageurs et marchandises. (21-(1900 t1)-71/72).

 
Objet
 
  1. La construction et l’exploitation de voies ferrées, conformément aux concessions qui lui furent accordées par le Gouvernement ;
  2. L’établissement de cultures, la mise en valeur agricole, commerciale et industrielle de terrains, l’exploitation des mines dans les districts du Bas-Congo, conformément aux concessions qui lui furent accordées par le Gouvernement ;
  3. Toute autre opération autorisée par le Gouvernement ;
  4. Faire toutes les acquisition et reventes de concessions ou de propriétés mobilières ou immobilières utiles ou nécessaires à son commerce ou à son industrie, ester en justice en son nom, compromettre et faire tous actes qu’elle jugea utiles ou nécessaires (1). 

 Modification du capital, évènement(s), participation(s), dividende(s), cotation, etc.

La construction de la ligne fut commencée avant septembre 1898 avec une voie à écartement de 60 cm typique des chemins de fer vicinaux ; les machines furent de 10 tonnes ; la longueur de la ligne prévue entre Boma-Shiloango fut d’environ de 140 kilomètres (21-(1900 t1)-71/72).

En mai 1899, la société aliéna 100.000 hectares des terrains lui revenant contre 4 millions de francs. La Compagnie Agricole du Mayumbe, alors en formation, prit 75.000 hectares pour cultiver le café, le tabac, le caoutchouc. Les 25.000 hectares restant à Mr Fichefet qui en fit ensuite apport à la Société des Plantations de la Lukula (21-(1923 t1)-1115 à 1117).

 
cfv 2vicinauxEn janvier 1900, 31 km de voie furent en exploitation (Boma-Luki) en août elle fut au km 43. Il ressort à l’Assemblée générale de juin 1900 que le coût de la ligne fut de 50.000 francs par km ; que la Société encaissa 4 millions de francs pour les terrains cédés de sorte qu’elle eut 7 millions de francs à sa disposition pour achever la ligne principale.
 
Le premier coupon (intérêts intercalaires) fut payé par 16,25 fb le 2 janvier 1900 (21-(1900 t1)-71/72). 
 
En 1901, le capital fut porté à 4.500.000 de francs par création de 6.000 d’actions privilégiées de 250 francs souscrites par l’Etat du Congo pour permettre le parachèvement de la ligne.
 
 

Le 11 novembre de la même année, suite à un accord intervenu entre l’Etat et la Société, la concession accordée par le Gouvernement se borna au chemin de fer construit entre Boma et la Lukula ayant une longueur d’environ de 81 km.

La société fut exonérée de faire aboutir sa voie ferrée à un point navigable du bassin de Shiloango ; elle renonça à tous les avantages que lui conférait l’alinéa 2 de l’article 1ier de la convention signée en 1898 relativement à la concession de tous chemins de fer s’embranchant sur la ligne principale (21-(1905 t1)-42/43).

  

La Société Agricole du Mayumbe poursuivit, la même année, les Vicinaux devant les tribunaux belges pour obtenir la résiliation du contrat des 75.000 hectares et lui réclama une somme de 5 millions de francs.

 
En 1906, un prolongement de la ligne des Vicinaux du Mayumbe jusqu’à Bokosongo dans le Congo français avait été envisagé mais la situation de la Société ne le permit pas.
 
En 1907, en fonction de l’article 32 du cahier des charges et à la demande de la Société, l’Etat se chargea de l’exploitation de la ligne aux risques de la Société ; depuis, on remarqua l’amélioration des résultats de la Société.
 
cfv 3vicinaux
 En 1910, l’Etat commença, pour son compte, la construction du prolongement de la ligne au-delà de la Lukula vers Tshela qui eut une longueur de 56 km ; le 1ier juillet 1912, 34 km était en exploitation, époque à laquelle l’Etat réduisit les tarifs de moitié sur cette section, la Société ne consentant pas à cette réduction sur la partie de la ligne lui appartenant. Suite à cette opposition, l’Etat considérant que l’existence d’un double tarif pour une même ligne portait préjudice au développement économique de la région, décida le rachat du tronçon appartenant à la Société suivant les termes de la convention de 1898.
 
Vu la somme trop élevée pour le rachat et étant donné la situation de l’entreprise, l’Etat arriva à l’accord suivant : 
 
Rachat par l’Etat. - Convention du 10 juillet 1913 (approuvée par la loi du 21 novembre 1919) 
La Société des Chemins de Fer Vicinaux du Mayumbe renonça à toutes ses concessions, sauf aux 100.000 hectares de terrains qui lui furent concédées à l’origine et qui lui restèrent acquis, contre une annuité de 90.000 francs pendant 84 ans et l’annulation des 6.000 actions privilégiées détenues par l’Etat. A toute époque, l’Etat pouvait se libérer anticipativement en capitalisant à 3% les annuités restant à payer. Le capital fut alors ramené à 3 millions.
 
En 1920, les plaidoiries du procès avec la Société Agricole du Mayumbe eurent lieu les 13 et 14 janvier ; le tribunal résilia la vente des 43.675 hectares non encore livrés et condamna la Société à rembourser à l’Agricole la somme de 1.747.024 francs prix payé par elle pour ces terres, majorée des intérêts légaux depuis 1899, soit au total environ 3 millions de francs. Appel a été interjeté (21-(1920 t1)-1326 à 28).
 
Le 6 juin 1921, la cours a rejeté l’appel interjeté par la Société des Vicinaux. Des propositions furent présentées à l’Agricole en vue d’une exécution amiable et transactionnelle (21-(1923 t1)-1115 à 17).
 
Dividendes et cours

Exercices clos en

Intérêts.fb

Cours au 31/12

Action cap

1899

16,25

1110

1900

15

1175

1901

15

425

1902

215

1903

130

1904

134

1905

92

1906

60

1907

75

Cours au 31 décembre 1919,20 et 21 respectivement 370, 190 et 125 francs 
 

Dissolution et mise en liquidation

En 1922, un accord fut intervenu avec l’Agricole. Celle-ci repris tour l’actif des Vicinaux et apura le passif. Pour ce faire, la Société Agricole de Mayumbe augmenta son capital 590.500 francs par la création de 1.181 actions de 500 francs, qui furent, de même que les 534 actions faisant partie du portefeuille des Vicinaux, remises au Crédit Général Liégeois afin d’être attribuées aux porteurs des actions de la Société des Chemins de Fer Vicinaux du Mayumbe. Cette dernière renonça à son pourvoi en cassation et fut mise en liquidation le 26 juin 1922 (21-(1923 t1)-1115 à 17).

Les actions furent échangées le 2 janvier 1923 à raison de sept actions Société des Chemins de Fer Vicinaux pour deux actions de la Société Agricole du Mayumbe (21-(1925 t2)-1127).

cfv 4vicinauxLa ligne de chemin de fer de Boma à Tshela d’une longueur de 114 km, propriété de la Colonie fut exploité par la Régie du Chemin de Fer du Mayumbe. En 1935,l’exploitation fut confiée à l’OTRACO ; la Régie fut dissoute la même année (23-page 5).

Fin 1946, le Chemin de Fer du Mayumbe employait 19 locomotives Garratt de 27,5 tonnes, 226 wagons divers (22-page 58).